Deux catégories de compagnies

> Il convient de différencier les compagnies d’assurances selon qu’elles sont ou non de création récente.

La différence majeure qui en résulte provient de la composition de leurs fonds.

Les compagnies de création récente ont généralement des fonds principalement composés d’obligations (80 à 90 %).

Les compagnies traditionnelles ont des fonds diversifiés dont la répartition est généralement la suivante  :

  • 70 % d’obligations,
  • 30 % autre (répartition entre immobilier et actions).

Ces différences de composition sont notamment dues au fait que les compagnies de création récente disposent de marges de solvabilité moins importantes. Elles doivent donc investir sur des actifs sans risque ne nécessitant pas de gros efforts en apports de fonds propres.

Les compagnies traditionnelles sont anciennes et ont pu se constituer des “trésors de guerre” leur offrant la possibilité de diversifier leurs actifs vers l’immobilier et les actions. Ces types d’actifs nécessitent des efforts en apports de fonds propres plus importants.

Pour avoir un portefeuille diversifié, il faut environ un minimum de 8 % de marge de solvabilité alors que la loi n’oblige à n’avoir que 4 %.

Si l’on souhaite diversifier un actif, en y mettant par exemple de l’action, on consomme de la marge de solvabilité et des fonds propres. Or, l’actionnaire de référence ne sera pas toujours enclin à procéder à une augmentation de capital, la rentabilité étant faible.

Ces différences de composition des fonds sont également dues à l’horizon économique des gestionnaires : les compagnies récentes ont plus de clients qui récupèrent leurs fonds au bout de huit ans.

Cet horizon ne permet pas une diversification. Le contrat peut être plus apprécié comme un compte permettant la constitution d’une épargne (priorité accordée au rendement immédiat et à la liquidité).

Les compagnies traditionnelles ont des clients qui resteront plus investis la vie entière (préparation de la retraite, transmission). La diversification est donc possible car les périodes de “crises” pour les actifs seront lissées dans le temps. Ces dernières années, compte tenu de l’importance des taux d’intérêts, les compagnies récentes ont enregistré les meilleures performances pour un risque minimum.

De plus, la baisse des taux d’intérêt leur a permis d’obtenir des plus-values latentes importantes. Il semble que cette suprématie sur les compagnies traditionnelles puisse encore durer quelques années. Mais il se peut qu’elle cesse compte tenu de la baisse ou de la stagnation des taux d’intérêt, de l’augmentation relative du rendement de l’immobilier, et des actions, en fonction de l’évolution des marchés boursiers.