La solvabilité des compagnies d’assurance vie

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Résultat / chiffre d’affaires

La continuité de la performance de contrats d’assurance vie vendus par une société, dont les marges (résultat par rapport à l’encaissement) s’effriteraient sur plusieurs années, pourrait être sujette à caution. Des chargements prélevés sur les primes très inférieurs aux frais engagés par la Société contribueraient à cette évolution.

Ce ratio qui peut être négatif peut monter jusqu’à environ 8 %.

Frais / chiffre d’affaires

Les sociétés qui ont recours à d’importants réseaux de salariés commissionnés ou de courtiers affichent les ratios de frais les plus élevés.

Les compagnies traditionnelles et anciennes peuvent ainsi présenter des ratios très supérieurs à lo %.

A l’inverse, les filiales de banques ou encore les mutuelles sans intermédiaire produisent à faible coût. Elles enregistrent donc des ratios très bas : ils ne dépassent pas 4 % pour certaines.

Participation distribuée / provisions mathématiques

Le rapport entre la participation distribuée et les provisions mathématiques est aussi un bon indicateur du système de rémunération de l’épargne des assurés. Il s’élevait pour 1997 entre 4 % et environ 7 %.

Il convient toutefois de rapprocher ce rapport des chiffres issus de la ventilation des placements sur lesquels sont adossés les contrats (actif général).

Par exemple, une part relativement élevée d’immobilier peut être à l’origine d’un rendement plus faible sur certains contrats. Par ailleurs, les filiales de banques, de création plus récente, détiennent en général une part plus importante d’obligations que les compagnies dites traditionnelles.

Solvabilité

La réglementation prévoit qu’une société doit disposer de 0,61 € de fonds propres pour 15,24 € d’épargne gérée (soit 4 % pour les contrats en euros) et 0, 152 € pour les contrats en unités de compte (soit 1%).

La solvabilité s’apprécie à travers deux indicateurs:

L’indicateur comptable, à savoir le rapport des fonds propres et du passif subordonné aux provisions techniques de fin d’exercice.

Pour des opérations de long terme, mieux vaut sélectionner les contrats de sociétés qui affichent un ratio de solvabilité sensiblement supérieur à 4 %.

L’indicateur économique, à savoir le rapport entre les fonds propres, le passif subordonné tous deux augmentés des plus-values latentes, d’une part, et les provisions techniques d’autre part.

Ce ratio sera amené à fluctuer en fonction de l’évolution des taux d’intérêt et des marchés financiers. Il se situait pour 1997 entre 5,5 % et 25 % pour les meilleures compagnies.

Concernant la solvabilité, l’agence de notation Standard and Poor’s a publié en juillet 1998 sa première étude sur 70 compagnies européennes.

Elle indique que, comme d’autres établissements financiers (banques, sociétés cotées), les compagnies d’assurance doivent apporter à leurs investisseurs plus d’informations. Selon l’agence, plusieurs arguments plaident en faveur de la notation des compagnies : Ia mise en place de l’Euro entraînera “l’émergence d’activités transfrontalières”, ce qui intensifiera la concurrence ; le secteur de l’assurance est en pleine mutation, notamment par le biais des concentrations d’entreprises, ce qui “exercera une pression grandissante sur les structures peu efficientes” ; et surtout, la privatisation possible des systèmes de retraites pourrait donner naissance à un marché dont le volume approcherait les 5 030 milliards d’euros en Europe.

L’enquête qui sera réactualisée chaque année, portait sur 70 sociétés européennes dont I 7 françaises parmi les plus importantes(AXA, AGE, La Mondiale, Prédica…). Dans cette première édition Standard and Poor’s montre que l’éventail des notes couvre une large partie de l’échelle de notation (de AAA à B) et que “ces notes pourraient évoluer significativement compte tenu des défis auxquels ce secteur se trouve confronté”.

Pour la France où le marché est dominé par les bancassureurs, l’agence considère que le développement de ces structures “s’effectue de manière rentable, ce qui permet de renforcer leurs fonds propres. Le reste du marché est à présent dominé par des assureurs de grandes tailles dont plusieurs sont issus de rapprochements intervenus récemment” (AGF — Allianz notamment). Des notes plutôt bonnes ont ainsi été attribuées aux compagnies françaises.

Plus-values latentes

Les plus-values latentes sont susceptibles de générer des participations aux bénéfices supplémentaires lors de leur réalisation.

Sur des obligations, les plus-values réalisées doivent alimenter la réserve de capitalisation à 90 %, dans un objectif prudentiel de lissage de la performance sur le long terme.

Les plus-values réalisées sur actions ou sur immobilier ne sont pas forcément distribuées immédiatement mais peuvent grossir la provision pour participation aux excédents (PPE) qui figure au bilan des comptes sociaux 1995 sous la nouvelle appellation de provision pour participation aux bénéfices.

L’article A 33 l-9 du Code des assurances indique que les sommes portées à cette provision doivent être versées aux souscripteurs dans un délai de huit ans, sans toutefois préciser desquelles il s’agit.

Le rendement d’un nouveau contrat pourrait ainsi se voir dopé en phase de conquête de clientèle.

L’Agence de notation Moody’s a publié un rapport sur la richesse “cachée” des compagnies d’assurance” en comparant le niveau global des plus-values latentes sur le portefeuille de placement avec la valeur nette au bilan de ces placements. Il est ressorti de cette étude que la réduction des taux obligataires, les pertes subies dans l’immobilier et les frais liés à l’adaptation des systèmes informatiques (an 2000, euro, CSG …) ont affecté les profits des entreprises. Néanmoins l’étude révèle que les plus-values latentes des compagnies ont eu tendance à progresser sensiblement.

Adossement à un groupe puissant

Il n’est pas possible de juger la solidité d’un assureur sur le seul montant de sa marge de solvabilité. L’adossement à un groupe puissant constitue également une bonne garantie. Si la filiale assurance vie d’une banque devait connaître un problème, son actionnaire ne pourrait faire l’économie d’une intervention, au risque de porter préjudice à l’image du groupe.

Mode de gestion financière

Il est tout aussi indispensable de s’intéresser au mode de gestion financière retenu par la compagnie.

Exemple : une société qui investit largement dans les obligations à taux variable sera moins sensible à une remontée des taux qu’une autre ayant misé sur les taux fixes (mais le rendement sera pénalisé en cas de baisse des taux).

Les assureurs ont recours par ailleurs à la gestion actif passif.

Ils analysent ainsi en détail leur passif (les engagements) pour déterminer leurs besoins de liquidités à différentes périodes et selon différentes hypothèses (en fonction des décès, des rachats).

Ils construisent ensuite leur actif, en choisissant des instruments financiers d’une durée compatible avec le scénario retenu comme le plus probable.

Les craintes de voir des rachats mettre en péril l’actif de la compagnie sont éloignées sauf accident majeur, les gestionnaires disposant de la trésorerie nécessaire pour les honorer sans désinvestir les placements à plus long terme et donc sans craindre pour le futur.

Un décret du 18 février 2000 a constitué la première étape de la réforme des règles de placement des entreprises d’assurance sur leur gestion actif passif.